Départ de Thales de Colombes : les vraies raisons

L’annonce du départ de Thales n’en finit plus d’agiter le microcosme politique colombien. Premier employeur de la ville avec 3 500 collaborateurs et 500 prestataires de service, le géant de l’électronique a officialisé il y a quelques jours son départ pour Gennevilliers. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Sports et conseillère municipale d’opposition, a dénoncé une « erreur économique majeure » de la part de Philippe Sarre, le maire (PS) de Colombes, et multiplié les banderilles : « Le comble, c’est que cette délocalisation ne se fera ni en Chine ni en Roumanie mais… à Gennevilliers. » Piqué au vif, Philippe Sarre s’est à son tour lancé dans le jeu des petites phrases : « Madame Yade fantasme sur l’idée qu’un maire est responsable de toutes les mauvaises nouvelles de sa commune. Je regrette qu’elle ignore qu’un élu n’a pas le pouvoir de décider du maintien ou non d’une entreprise sur son territoire. »

Serge David, directeur d’établissement de Thales  Colombes, met les choses au clair : « Thales ne fait pas de politique. L’entreprise a travaillé avec la municipalité UMP précédente comme elle travaille aujourd’hui avec la municipalité PS. Il n’y a aucune défiance de notre part vis-à-vis de la majorité actuelle. Nous ne quittons pas Colombes pour quitter Colombes. » Thales compte quatre sites dans la ville, séparés par l’A 86 et appartenant à 4 bailleurs  différents.Ces bâtiments d’ancienne génération offrent un bilan énergétique et une flexibilité jugés peu satisfaisants. Pour  autant,l’entreprise a d’abord étudié les modalités d’un maintien de l’activité dans la commune. Mais le coût d’un réaménagement des sites s’est révélé prohibitif, d’autant qu’il n’aurait pas non plus permis « de répondre à toutes nos contraintes », explique la direction.

L’autre solution, celle d’un déménagement boulevard Charles-de-Gaulle, a également été écartée — l’arrivée du T2 ayant fait flamber
le prix dumètre carré de bureau. « Il ya 150  d’écart au mètre carré entre un immeuble boulevard Charles-de-Gaulle et l’endroit où nous allons, explique Serge David. Multiplié par 85 000 m2, ça fait une somme… » Départ, donc, vers Gennevilliers, où la zone d’activités des Louvresses semble tenir la corde. Le directeur tempère : « Pour l’instant, nous n’avons pris aucun engagement, rien n’est signé. Nous sommes toujours dans la phase de consultation des partenaires sociaux. »

Si le projet abouti, un immeuble « taillé sur mesure » sortira de terre pour accueillir les 3 500 salariés de Thales et les 500 emplois induits. Le scénario le plus rapide prévoit une installation mi-2012. Le scénario le plus long, une installation en 2013.
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Article de MATTHIEU PELLOLI,
publié dans Le Parisien du 17 mai 2010.

Photo de Sylenius sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 Unported

Comments

D Desveaux

Merci pour cet analyse sauf que je reste sur ma faim : c’est de la responsabilité de notre Maire de nous rassurer sur le fond : Quel projet pour cette zone industrielle ? comment éviter sa désertification ? il y a déjà de nombreux bureaux vides dans la zone KLEBER (autour de l’A86). Que vont devenir les nombreux restaurants qui ne vivent que par Thales ? Sans parler de l’impact sur les autres commerçants et artisans.
Cdlt,
DD

Grégoire

Il n’y a pas si longtemps, nous avions hérité par accident d’un maire UMP qui trouvait anormalement bas le prix du m2 à Colombes, la preuve qu’il se trompait ou n’avait pas envisagé toutes les conséquences. Outre les entreprises, les enfants des Colombiens devront aussi quitter la commune. Pour ridiculiser un peu plus la mauvaise polémique, disons que les patrons de grande société s’orientent de plus en plus à gauche, Thalès, en grande partie à l’origine SINTRA venait d’Asnières gérée par la droit à l’époque, aujourd’hui elle préfère les mairies communistes aux mairies socialistes, Le changement est en marche.

alexis bachelay

Oui les questions qui sont soulevées par le départ préoccuppent les élus locaux. Même si les immeubles de Thalès appartiennent à des bailleurs privés et l’entreprise part pour des raisons fonctionnelles et financières comme c’est expliqué dans l’article.
Si la ville ne peut pas empêcher le départ de Thalès, c’est donc grotesque de lui imputer cette responsabilité. Passons sur ces petites polémiques. L’essentiel, c’est de trouver de nouvelles activités sur les sites concernés. Il est vrai que ce départ va avoir des conséquences néfastes sur le commerce local. A moins que de nouvelles activités puissent arriver dans un délai raisonnable.
Ce site est attractif car il est desservi par la gare du stade et aussi à proximité de l’A 86. Nous devons réfléchir au type d’activité que nous voudrions voir s’installer sur COlombes. Et encourager l’arrivée d’entreprise qui pourrait avoir un rayonnement sur l’emploi local d’une part et peut-être des activités en lien avec une croissance plus durable d’autre part.
En tout cas, dès le départ annoncé de Thalès, les élus et les services ont commencé à réfléchir à l’avenir de ces sites.

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