Interview de Philippe Sarre dans Le Parisien

Réflexion autour d’une fermeture de la patinoire municipale, départ de Thales pour Gennevilliers, hausse très contestée des impôts
locaux… Philippe Sarre, le maire (PS) de Colombes, vit actuellement l’une des périodes les plus mouvementées de son mandat. L’édile défend des décisions dont il déplore « la caricature » faite par ses adversaires.

L’hypothèse d’une fermeture de la patinoire a suscité beaucoup d’émotions. Pourriez-vous faire machine arrière ?

PHILIPPE SARRE. D’abord, que les choses soient claires, aucune décision n’est prise pour l’instant. Une patinoire est un équipement coûteux, en frais de gestion et en investissements (NDLR:1,3 M€ de travaux sont à réaliser à court et moyen termes). Je n’en ai vu aucune ouvrir dans les dix dernières années… J’ai reçu une proposition de la Fédération française de bowling pour l’installation d’une salle de 32 pistes à la place de la patinoire. Cela représenterait la plus grosse structure européenne de ce genre, avec la possibilité d’y organiser des compétitions internationales. Nous attendons la réponse de l’entreprise chargée de sa réalisation et de sa gestion. Puis nous prendrons
une décision début juin. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de fermeture sans projet alternatif. Et que je ne me laisserai pas dicter ma politique par la pression de la rue.

Y a-t-il une autre piste que celle d’un bowling ?

Oui. J’ai reçu Philippe Candeloro la semaine dernière et nous avons évoqué ensemble la possibilité de mettre en place une patinoire synthétique qui permettrait de maintenir une activité patin pérenne à côté du bowling… Nous sommes aujourd’hui dans une situation de gestion financière tendue. Ce que je souhaite faire comprendre aux Colombiens, c’est qu’à la place d’un équipement glace coûteux, ils peuvent bénéficier d’une structure patinoire et bowling sans que cela coûte un euro à la ville. Mieux : cela rapporterait de l’argent, via la vente ou la location du bâtiment.

Les clubs de la patinoire feraient néanmoins les frais de cette décision…

Effectivement, les seuls que j’aurais pénalisés seraient les clubs de glace et de hockey. L’installation d’une patinoire synthétique signifierait l’abandon du haut niveau.

Le maire de Colombes n’aime-t-il pas le sport de haut niveau ?

Je n’ai rien contre, mais je pense qu’une ville doit d’abord aider au développement du sport pour tous. À ce titre, le bowling est une pratique plus populaire et moins onéreuse que le patin à glace. D’une façon plus générale, je tiens à rappeler que j’ai travaillé à l’arrivée de la Fédération française de handball au stade Yves-du-Manoir.
J’ai aussi mis en place Colombes en sport (NDLR : le 23 mai prochain au parc Lagravère) et la corrida pédestre…Le maire aime beaucoup le sport, au moins autant que la ministre des Sports, qui l’a découvert le jour où elle a été nommée ministre…

Menez-vous des réflexions pour fermer d’autres équipements  pour réaliser des économies ?

Il y en a eu à propos du musée municipal d’Art et d’Histoire pour lequel nous avons un temps réfléchi à une fermeture. Ce n’est plus d’actualité. En revanche, une réflexion est toujours encours au sujet des centres de vacances. La ville en possède trois, à Saint-François-Longchamp (Savoie), Groix (Morbihan) et Sainte-Marie-sur-Mer (Loire-Atlantique). Ils reviennent extrêmement cher. S’en
séparer permettrait de bénéficier d’une rentrée financière et de mettre en place une offre plus moderne, en France et à l’étranger. Fermer et vendre ? Pourquoi pas, si c’est pour proposer mieux.

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PROPOS RECUEILLIS PAR MATTHIEU PELLOLI,
publiés dans Le Parisien du 12 mai 2010.

Comments

CHAUDIERE Andre

Encore une privatisation, PS ou UMP, même politique du profit pour qq. uns, le PS n’ aura plus jamais ma voix

hasenboehler

Bonjour à tous,
Effectivement c’est couteux mais il ne faut pas mélanger investissement et entretien, la patinoire existe depuis très longtemps et les 1,3 M€ ne sont-ils là que pour justifier le projet ? On peut se poser la question. Il faut aussi savoir que quasiment aucun équipement collectif de type piscine-patinoire n’est vraiment rentable en France. Il est effectivement facile de vendre ce que les prédécesseurs ont construit pour présenter un budget artificiellement positif. C’est aussi vendre le concept même d’équipement collectif à but social, et ce ne sont pas les nombreux enfants des écoles fréquentant la patinoire qui seront les clients du bowling. Je crois que l’on fait de la ’contre-politique de la ville’ en agissant ainsi. « pas de fermeture sans projet alternatif » mais une patinoire synthétique pour Ph Candeloro dont la structure est à but lucratif , c’est un peu choquant pour ceux qui restent sur le ‘carreau’ ! Dire « je ne me laisserai pas dicter ma politique par la pression de la rue » c’est beau mais il faut bien avouer que cette pression de la rue lui a ( un peu )permis d’être élu , quelque part, alors il faut peut-être écouter ses administrés , car je ne les vois pas beaucoup apparaître dans ces lignes !!
Merci de vos réactions et commentaires

ruoma

Bonjour,
Dire que le sport de masse ne dépend pas du sport d’élite révèle une méconnaissance totale de ce sujet. Comment expliquer la corrélation entre nombre de licenciés d’une fédération, donc la masse, et la notoriété acquise grâce à son élite ? Tous les exemples le montrent. Football = déclin avec celui de l’équipe de France, Handball = hausse avec les victoires de l’équipe de France, Rugby = idem, Athlétisme = peu de licenciés car peu d’élite reconnues, …Un club sportif attire lorsqu’il est connu et reconnu. Et la notoriété spontannée ainsi créée permet l’identification et l’adhésion, donc la pratique d’un sport de masse. Par ailleurs, le bowling est-il un sport de masse ? A 10/12 € la partie contre 3€ l’entrée d’une patinoire ? Je pense que l’information remontée aux plus hautes instances nationales du PS sur ce choix de société vous occasionnera quelques remarques par rapport au projet national des dirigeants du PS.

mere de patineuse

je ne me laisserai pas dicter ma politique par la pression de la rue = Philippe Sarre

-“Que veut le peuple”
-“garder sa patinoire”(active et historique)
-“alors donnez lui une patinoire synthetique et un bowling”

Jean-Christophe PAYANT

Socialiste (au sens propre) dans l’âme depuis toujours, exaspéré par les pratiques ultras libérales et ultras individualistes de notre gouvernement et du patronat, ancien responsable du club de hockey de Colombes (pendant 8 ans), hockeyeur exilé en Rhône-Alpes, je suis sidéré par la teneur de ces propos qui s’affichent aux couleurs du parti socialiste.
Comment peut-on représenter l’idéologie du partage de la valeur en transformant l’utilisation du bien public en entreprise libérale ? Depuis quand le socialisme défend-il l’idée qu’un équipement public n’est voué qu’à faire des bénéfices ? En suivant votre raisonnement, la SNCF devrait fermer ses lignes non rentables pour reporter ses investissements sur les lignes rentables du TGV, et tant pis pour les habitants des zones rurales, du moment que l’équilibre budgétaire est préservé.
L’avenir que vous, les politiques, réservez pour nous enfants semble radieux. Dettes abyssales, gouvernance arbitraire et dictatoriale, priorité au copinage, destruction permanente des investissements…
Avec des représentants de votre espèce, le parti socialiste n’est devenu que l’antichambre de l’UMP et je me demande comment le Colombien moyen va pouvoir s’offrir une soirée au bowling en famille ? A moins que la collectivité subventionne une partie du ticket d’entrée ce qui reviendra à financer une entreprise privée avec des deniers public et à transferer une fois de plus le pouvoir d’achat de la collectivité vers les dividendes des actionnaires (ce que pratique à la perfection notre gouvernement actuel). Merci de leur donner un coup de main dans leur oeuvre de transfert monétaire.

ludbrook Denys

je serai ravi que il puisse avoir un bowling sur Colombes pourquoi pas!

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