Le maire de Colombes en appelle à Claude Guéant

Après les trois fusillades survenues en moins d”une semaine dans sa ville, Philippe Sarre exige plus de policiers dans sa ville.

Q : Un nouveau fait divers s’est produit mercredi en pleine journée à Colombes. Quelle est votre réaction après cette série noire survenue en quelques jours ?
Philippe Sarre : Avant même que ces drames ne se soient produits, j’avais alerté le préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Strozda, sur l’augmentation des trafics de stupéfiants dans ma ville et sur les violences qui les accompagnent. Depuis plusieurs semaines, les trafiquants font du deal de jour comme de nuit dans le quartier du Petit Colombes, exhibant leurs armes devant les habitants. La situation est devenue très critique. Pourtant, il a fallu attendre les deux fusillades de mercredi et jeudi dernier pour obtenir l’arrivée de quinze policiers en renfort, présents de 15 h à 6 h du matin, avec une relève à 10 h 30.

Q: Les effectifs policiers étaient jusqu’à présents insuffisants sur votre ville ?
Ph.S. : Nous avons aujourd’hui 117 policiers sur Colombes. Nous en avions 158 en 2005. Sur cette période pourtant, nous avons accueilli 8 000 habitants supplémentaires. Certes, le préfet nous a attribué quinze policiers supplémentaires la semaine dernière… Aujourd’hui, je lui ai demandé une présence policière renforcée et très visible dès maintenant. Il m’a assuré qu’il y aurait des cars de CRS présents dès ce soir dans le quartier du Petit Colombes-Grèves où ont eu lieu les trois fusillades à 500 mètres l’une de l’autre. J’ai par ailleurs publié ce soir un texte que je vais distribuer dans ce quartier dans lequel je demande à la population de se mobiliser.
J’appelle à un rassemblement sur la place Aragon, en plein cœur du quartier où se sont produites les fusillades, samedi 26 novembre à 15 heures.

Q : Pensez-vous qu’il y ait un lien entre ces trois règlements de compte ?
Ph.S. : Il est difficile de le dire. Des perquisitions et des interrogatoires ont eu lieu. Les forces de police me disent aujourd’hui qu’il s’agit effectivement de personnes qui sont toutes impliquées dans des trafics de stupéfiants avec des ramifications sur Asnières et sur le Val d’Oise. Je ne peux affirmer que l’ensemble des faits sont liés mais il semble qu’effectivement il y ait un lien entre ces différentes affaires.

Q : Le quartier du Petit Colombes est connu pour les trafics de drogue ?
Ph.S. : Bien entendu. Le trafic de stupéfiants y est installé depuis des années. Et si les chiffres sur la délinquance sont en baisse, notamment sur les vols à la tire ou les cambriolages, les commerces de drogues et le cortège de violences qui les accompagne, sont clairement en hausse. L’occupation violente des halls d’immeubles un peu partout dans la ville, les dégradations importantes et les armes à feu exhibées sont devenus des phénomènes quotidiens. Pour la première affaire du 16 novembre, avec deux personnes blessées, treize douilles d’armes automatiques ont été retrouvées. Pour le deuxième incident, le lendemain, dans la cité des Grèves, il s’agissait d’un fusil à pompes. Pour le drame d’aujourd’hui, je ne connais pas la nature des armes… La population est confrontée aujourd’hui à des armes de jour comme de nuit, et ce, en pleine rue… Trois incidents coups sur coups, avec des blessés, ca ne se voit pas partout. A évènement exceptionnel, il faut une réponse exceptionnelle. C’est pour cette raison que j’ai demandé la présence de forces de l’ordre plus visibles sur ma commune. J’exige par ailleurs que cette présence soit permanente et pérenne. Les renforts de police sont attendus dès ce soir.

Q : Vous sentez-vous démuni aujourd’hui ?
Ph.S. : Bien sûr. Nous sommes très inquiets et démunis car présentement, nous n’avons aucune réponse à apporter en tant que municipalité pour ce genre d’incidents. Même si j’ai demandé à ma police municipale d’être plus présente, elle n’est pas à la hauteur, et elle n’est pas armée.

Q : Une visite du ministre de l’Intérieur Claude Guéant sur votre ville est-elle prévue ?
Ph.S. : Pas que je sache. Mais j’adresse dès ce soir un courrier au ministre de l’Intérieur. J’attends une réponse de sa part pour trouver une solution et ce, dans les plus brefs délais.

© Métro – 23/11/2011

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