Les impôts, c’est toujours trop mais…

Pour les dirigeants de la droite, de l’extrême droite et de plusieurs syndicats patronaux la hausse des impôts est plus que jamais insupportable.
Il y a eu et il y a sans conteste une hausse des impôts.
Mais qu’en est-il exactement alors que, relayés par une grande partie des médias, une campagne se développe à l’occasion du débat à l’assemblée nationale sur le budget 2014.

La vérité des chiffres face à la campagne de la droite

Le ministère de l’économie et des finances vient de publier des données enregistrés sur les contribuables imposés en 2013.
En septembre 2013 sur 35,89 millions de foyers fiscaux 18,94 millions sont imposés soit 787000 de plus qu’en 2012 bien loin des 1,2 à 1,6 millions annoncés par certains. En 2012 ils étaient 939000 de plus qu’en 2011.
Sur les 18,94 millions foyers fiscaux imposés en 2013 2,65 sont devenus imposables sur les revenus 2012 alors qu’ils n’avaient pas payés d’impôts l’année précédente. Pour se faire une idée de ce que cela représente, en 2012 ils étaient 2,91 millions, en 2011 2,62 millions, en 2010 3,10 millions, en 2009 2,05 millions, en 2008 2,73 millions.

Ces évolutions sont dues bien évidement :

  • aux évolutions de vie chacun, parce que les situations familiales changent (mariages,divorces naissances,décès…)
  • aux évolutions de revenus (promotions, chômage, gain ou perte d’une incitation fiscale….)

Ainsi 7,29% des foyers fiscaux sont devenus imposables alors qu’ils ne l’étaient pas en 2012

Sur ces 2,65 millions devenus imposables sur les revenus 2012 , 92% l’ont été parce que leurs revenus ont augmentés.
Par contre 0,6% sont devenus imposés alors qu’ils ne l’étaient pas sans que leur revenu augmente en 2012 soit 218 530 foyers.
La décote supplémentaire de 9% a protégé 366498 foyers du gel du barème de l’impôt. La volonté de ce gouvernement d’être attentif aux foyers les plus modeste se traduit dans les faits.
Pour les impôts à venir basés sur les revenus de 2013 le barème de l’impôt sera ré-indexé sur l’inflation.
En 2013, le nombre de foyers fiscaux dont l’impôt augmente est de 16,15 millions, soit 44 % des foyers fiscaux.
Mais 2,13 millions voient leur impôt augmenter à revenu égal ou inférieur. En revanche, 1,54 million de foyers imposés en 2012 n’ont pas été imposés en 2013.

Ces quelques chiffres officiel peuvent être fastidieux mais ils permettent à chacun de remettre les faits à leur juste place.

La droite, incorrigible, choisit de s’en prendre aux plus fragiles

Nous sommes loin du «matraquage fiscal» dénoncé par la droite, l’extrême droite et plusieurs syndicats patronaux.

La même droite, dans le cadre du débat budgétaire, par la voix de Gilles Carrez président de la commission des finances de l’assemblée nationale propose un «matraquage social» avec 15 mesures pour réaliser 5 milliards d’économies, mais pas de réduction des déficits.

Qu’on en juge pêle-mêle :

  • Réduction de l’aide médicale d’état, des aides au logement, du RSA, de l’hébergement d’urgence, de l’allocation adulte handicapé, des retraites, de la CMU, des allocations chômage, ….
  • Remise en cause du financement direct des associations par l’Etat ce qui aurait pour conséquence de mettre en danger des associations comme le samu social, les paralysés de France ou encore le secours catholique…
  • Reprise du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux sans rétrocession même partielle des gains de productivité réalisés.

Dans ces propositions budgétaires, la droite, bien loin de l’intérêt national, pense aux municipales et cible les plus faibles, les fonctionnaires, les étrangers… et lorgne sur le Front national et ses électeurs.

Nos impôts, c’est aussi faire face à nos responsabilités

Au delà des petits calculs de la droite qui a tout de même laissé la dette de notre pays augmenter de 600 milliards pendant le quinquennat Sarkozy, chacun sait bien, par expérience, dans son propre ménage, qu’une dette importante (comme un crédit immobilier par exemple) n’est supportable que si elle est remboursable à long terme maitrisée et inclue dans un budget pérenne.
La dette de la France s’accumule depuis plus de 30 ans.
Cette dette ne peut se rembourser sur le court terme, cela signifie que nous devons tous faire des efforts sur nos dépenses (État, comptes sociaux, collectivités,etc…). Notre choix c’est de le faire dans la justice et solidaires des plus fragiles.

Nous sommes tous d’accord pour faire des économies, mais quelquefois en souhaitant dans le même temps que le voisin les fasse et que les services publics avec plus de moyens s’améliorent.

La sécurité sociale déficitaire doit faire des économies pour perdurer mais la vente des médicaments à l’unité suscite des réticences… Le régime de retraite est en difficulté mais on rechigne à reconsidérer la majoration de 10% sur les pensions – non soumises à l’impôt sur le revenu – pour les foyers ayant eu trois enfants… Bien sûr nous pourrions multiplier les exemples.

Nous devons faire des choix, tenir les deux bouts de la chaine, pour soutenir la demande et le pouvoir d’achat, pour développer l’offre par une aide aux entreprises et à la recherche afin de rendre notre économie plus compétitive et au bout du compte créer des emplois.
Nous devons impérativement réduire notre dette, l’argent que nous devons nous l’avons dépensé, cela passe par des économies mais aussi par un effort de chacun par le biais des impôts.
Ce travail sur notre économie, le remboursement de la dette, prendra plusieurs années et ne peut produire d’effet positif à court terme. L’agitation et la démagogie de la droite et des ses alliés n’y changeront rien. Chacun peut le comprendre.

Comments

Jérôme

Un article un peu aride à lire mais qui permet d’opposer une réalité de chiffres à des imprécations démagogiques. Puissiez vous être entendus !

Vanessa

Le dernier sous-titre me plaît bien. “Nos impôts, c’est aussi faire face à nos responsabilités. Je pense que c’est ce qui doit motiver les contribuables à payer l’impôt. Ils doivent avoir en tête que c’est pour la nation que l’on paie les impôts et non pour les dirigeants.

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