Charlie Oui. Dieudonné Non

Jusqu’où peuvent aller les humoristes ?

Depuis les attentats de Charlie hebdo, une question revient régulièrement.
Pourquoi les caricatures que fait Charlie Hebdo, et en particulier celles du prophète Mahomet sont –elles acceptées  alors que par ailleurs Dieudonné est sanctionné pour ces spectacles et ses propos ?

La loi est parfaitement claire sur cette question.
Oui à Charlie Hebdo, à son humour, à ses caricatures. Non à Dieudonné, à son humour raciste et à ses propos qui appellent à la haine raciale.
Pour le comprendre et s’en convaincre, il faut lire les attendus des jugements prononcés dans les procès intentés contre Charlie hebdo et contre Dieudonné.
La loi protège les humoristes dans leur expression mais en fixe les limites. La diffamation, l’injure à un groupe en raison de son appartenance religieuse, la provocation à la haine raciale tombent sous le coup de la loi. Même si c’est dit avec humour !

Sur les caricatures de Mahomet, le malentendu tient au fait qu’en France le délit de blasphème n’existe plus. Rappelons que  Charlie Hebdo n’épargne aucune religion et qu’elle caricature aussi la religion catholique comme d’autres.

Chaque fois, les tribunaux ont confirmé à Charlie Hebdo,  que leur expression,  même caricaturale restait dans les clous du droit.
Ces mêmes tribunaux ont, par contre, relevé contre Dieudonné des propos qui « constituent une injure visant un groupe de personnes en raison de son appartenance religieuse. »

Retrouvez sur le monde,  la chronique judicaire dans son intégralité, reprenant les jugements rendus dans les différents procès. Vous y lirez également  une petite histoire de la liberté d’expression en France.

Mme Goueta a encore frappé…. le CMS

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Alors que nous célébrons le 40ème anniversaire de la loi Veil, le maire de Colombes décide de fermer purement et simplement le planning familial. Les femmes pouvaient y trouver aide et conseil mais dorénavant elles aussi, prendront le bus pour chercher cette aide  ailleurs.
Cette décision confirme la volonté municipale de démanteler les services du centre municipal de santé.

 

> Téléchargez la lettre du comité de défense de l’hôpital qui donne toutes les précisions sur les conséquences de cette fermeture.

Je suis Charlie

Depuis le 7 janvier, depuis les attentats, contre les journalistes de Charlie Hebdo, contre des policiers, contre des personnes juives dans l’l’hyper marché casher, nous sommes endeuillés mais nous sommes aussi envahis de multiples questions.

Une certitude pour commencer. Rien ne peut justifier d’assassiner des journalistes, des policiers, des juifs. Rien. Aucun Dieu, aucune religion, aucune offense. Jamais.
Dans notre pays, la France la liberté d’expression fait partie des libertés fondamentales sur lesquelles s’appuie la République. Les humoristes, les caricaturistes bénéficient encore davantage de cette liberté. La cour européenne des droits de l’homme la précise ainsi :
« La liberté d’expression vaut aussi pour les idées qui heurtent, qui choquent ou inquiètent l’état ou une partie de la population… »
C’est dire qu’au regard du droit, Charlie hebdo pouvait publier ces caricatures et que la justice lui a confirmé ce droit lorsque le journal a été poursuivi en 2007.

L’intrusion sur le territoire français d’une loi venue d’ailleurs, d’une telle barbarie nous laisse atterrés parce que ce sont des français qui l’ont commis.
Face à cette sidération qui nous avait pris le mercredi, l’immense mobilisation du 11 janvier a été une réponse catégorique quelques soient les slogans utilisés.
Non au terrorisme, Non à l’intégrisme, Non au racisme et à l’antisémitisme, Oui à la République, Oui à la liberté d’expression sont les messages de cette marche historique qui a rassemblé tellement de participants qu’on ne sait pas comment les compter.

Il reste cependant des questions auxquelles il nous faudra réfléchir. Questions surtout auxquelles il nous faudra répondre.
Pourquoi, des jeunes dans les établissements scolaires ont refusé de se recueillir pour les victimes des terroristes, pour les journalistes de Charlie hebdo, les policiers et les personnes présentes à l’hyper casher.
Pourquoi sur internet circulent des vidéos applaudissant les frères Kouachi,
Pourquoi certains condamnent-ils les attentats mais continuent de penser que Charlie hebdo allait trop loin et….

Le débat qui s’est ouvert est fondamental et il nous faut aller jusqu’au fond des questions posées avec lucidité pour que plus jamais de tels évènements ne se reproduisent.