Journée internationale des droits des femmes : le constat

Journée internationale de la femme ?
Cette journée est en fait consacrée, non pas à LA femme, à laquelle il faudrait, comme en un jour de Saint Valentin, offrir un compliment et une rose, mais un jour dédié aux droits des femmes. C’est bien sûr l’occasion de rappeler quelle est la situation des femmes aujourd’hui dans notre pays et dans le monde…

Le constat : quelques évolutions mais une situation qui reste préoccupante dans la plupart des pays du monde

Il n’est pas bon d’être différent dans les sociétés à dominance patriarcale et les femmes, biologiquement différentes des hommes, subissent de plein fouet les discriminations. Une fois ceci dit, que peut-on faire, pour que ces êtres humaines sexuées, pourvues d’un cerveau, puissent trouver une place honorable dans les sociétés organisées?

Les Nations Unies déminent le terrain cette année, en communicant sur l’égalité des sexes dans l’avenir – “la parité en 2030 : avancer plus vite vers l’égalité des sexes !” grâce à :
• L’enseignement et une éducation équivalente entre garçons et filles,
• L’élimination des violences faites aux femmes,
• L’interdiction de pratiques avilissantes comme l’excision ou les mariages forcés.

On pourrait donc penser que tout va mieux puisque la femme passe du statut d’objet à celui de sujet (http://www.un.org/fr/events/womensday/). Pourtant même dans des sociétés évoluées, comme en France, où des femmes ont déjà gagné le droit de faire société et devenir sujet, les préjugés restent tenaces :
• Pour un même poste en 2015, une femme cadre gagne en moyenne 8,5% de moins que son homologue masculin,
• Seules 5 femmes sont à la direction générale d’entreprises du CAC40 ; aucune n’en dirige,
• Une loi votée en 2013, soutenue par Manuel Valls et plusieurs fois rejetée par le Sénat, impose un binôme femme-homme au Conseil départemental, pour représenter les résidents d’un canton. Mais cette exigence n’ayant pas été reprise lors de la constitution des Conseils de territoire, les femmes se retrouvent minoritaires dans ces instances nouvelles.

Le terrible affront des croyances au bon sens

Cet état des choses est malheureusement admis, convenu voire intériorisé par les femmes mêmes. Les construits culturels et religieux semblent plus forts que l’idée noble d’égalité.
En raison de croyances culturelles 30 000 femmes et fillettes sont excisées ou exposées à l’excision en France. En Egypte 70% de ces mutilations sont pratiquées par des professionnels féminins de la santé.
Une étude mandatée en 2015 par le CNRS et Sciences-Po mesure l’impact du sentiment religieux chez les jeunes en France. Il s’y dégage, dans cette tranche d’âge que l’on pourrait penser « moderne », une vision conservatrice de la place de la femme : 41% des adolescents déclarés musulmans et 29% déclarés catholiques, 16% athées estiment que “la femme est faite pour faire des enfants et les élever”.

Au fait, quelle égalité ?

Le chemin pour une égalité réelle apparaît fort long, tant les préconceptions semblent ancrées dans les consciences collectives et véhiculées de génération en génération. La journée internationale de la femme, n’est pas une journée pour se souvenir que la femme existe mais pour rappeler que les femmes ne sont pas moins que les hommes. De nombreux groupements féministes substituent d’ailleurs l’article défini “la” à l’article indéfini “des” parce que ce qui prime est une pratique égalitaire des droits.

A l’évidence, le domaine politique doit être celui qui, au premier chef, promeut concrètement l’égalité sociale des sexes.

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